Une journée avec John Cusack
Le chômage incite parfois a une inactivité qui frise la décadence. J'ai aujourd'hui passé mon après-midi en compagnie de John Cusack et de 10 hamburgers à 50 centimes...
Cela pourrait sembler la journée la plus désespérément insipide de la vie de quelqu'un , alors peut être que si l'on est capable d'en tirer quelques enseignements cela fera passer un peu la pilule...
Alors je me pose cette question : qu'arrive-t-il à John Cusack dans les trois films visionnés?
Dans Sixteen candles, une comédie insipide sur les petits malheurs insignifiants d'une jeune fille dont c'est le sezième anniversaire, il n'est qu'entraperçu comme l'idiot du village n°2 d'un duo qui n'est là que pour mettre en valeur les actions du chef des idiots. Premier rôle de sa carrière oblige, son personnage n'évolue pas et reste un con jusqu'au bout.
Dans Better off dead, sa réputation s'est alors un peu étoffée, il joue dans le même genre de films à la con, seulement cette fois c'est lui la jeune fille, enfin l'ado dont le monde s'écroule. Son monde est très bien résumé dans les deux trois premières scènes du film : tout d'abord, sa chambre croule sous les photos d'une blondasse à brushing type années 80 qui bien sûr le plaque pour un beau blond chef de l'équipe de ski. Ensuite sa voiture est moisie et il se fait battre par deux chinetoques décérébrés aux courses de feux rouges que bien sûr tout le monde pratique au lycée aux Etats Unis. Et enfin, le beau blond lui vole la vedette sur la montagne de la mort en étant le seul à pouvoir la descendre. A la fin, il a une nouvelle copine, une super camaro, et bat le beau blond sur un ski! Malgré la pourriture scénaristique susdécrite, le film est sauvé par quelques running jokes qui sont quelque peu décalées, comme sa mère totalement névrosée qui leur cuisine des trucs gluants et bleuâtres, son petit frère ultra précoce qui apprend à draguer les femmes trash, et le coup des boîtes de céréales qui se déversent joyeusement tout au long du film à cause de leurs coupons cadeaux prédécoupés par le petit merdeux génial de 8 ans. Bref, une énième histoire d'un mec qui n'a rien et qui obtient tout à la fin! La vie est merveilleuse!
Le dernier film est un bon film. Ca s'appelle High Fidelity. Sur fond de magasin de vinyl et de top 5 en tous genres (top 5 des chansons sur la mort, top 5 des plaquages les plus durs, etc), John Cusack réfléchit sur les raisons pour lesquelles il sera toujours un raté en termes de relations amoureuses. Ses acolytes no life, vivant dans un monde de CD et de vintage, sont un jeune homme ultra effacé et timide et le super sûr de lui et ultra relou Jack Black. Son nemesis qui lui a piqué sa meuf, un wannabee-Steven-Seagall queue-de-chevalesque, n'est autre que Tim Robbins. Bien qu'encore une fois ce soit une histoire de succès, car à la fin sa blonde revient, les réflexions sur les raisons de son échec ainsi que l'humour omniprésent sont très réussis. Même si cela est un peu facile, la dernière conversation sérieuse qu'il a avec son ex quand elle est revenue dans son lit et qu'il hésite à la quitter pour une nouvelle minette est assez intéressante. En paraphrasant, il lui dit : "je comprends maintenant ce qui m'attire chez toutes ces femmes: elles sont des fantasmes. Et avec un fantasme tout est bon, tout est facile. Il n'y a jamais de problèmes envisageables avec un fantasme. Bon si, je peux avoir choisi un film qu'elle n'aime pas, ou on s'offre les mêmes cadeaux à Noël. Mais quand je reviens chez nous, là on est confrontés aux vrais problèmes de la vie. Ces problèmes qu'on a appris à affronter ensemble. Et je ne veux plus courir après les fantasmes". C'est facile mais vrai à mon goût. Ses histoires de rupture sonnent vrai, et moi aussi je trouve qu'une de mes ruptures les plus douloureuses est la première, car à cet âge là et quand c'est la première fois ça fait sacrément mal.
Bref, qu'est-ce que j'ai appris aujourd'hui? Et bien quelques réflexions sur la platitude des teen movies, dont certains comme Ferris Bueller's day off me font malgré tout rire, quelques tergiversations sur les relations amoureuses et les ruptures, mais surtout l'extraordinaire propension de John Cusack à résoudre ses problèmes en 2 heures! Ah, si ma vie était un film américain, en ce moment ça donnerait ça : Kevin n'a pas de boulot, sa copine l'a plaqué il y a deux ans et pourtant le mot de passe de son ordinateur fait encore référence à elle, et il n'a même pas encore passé son permis de conduire; mais ne vous inquiétez pas, restez bien assis, à la fin du film il a trouvé une fille qui lui redonne le goût du succès, du coup il trouve le boulot idéal, et conduit une belle grosse voiture qui les emmène loin, très loin! La caméra quitte la voiture, prend de l'altitude. FIN!
mardi, février 03, 2009
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Libellés :
cinéma,
philosophie de comptoir
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