Un peu de noirceur ça donne un coup de fouet!
Jeudi, j'ai décidé de me rendre à Paris pour voir deux turques délurées qui me dérident. J'achetai donc un billet de train pour vendredi matin, et me calais devant une série blockbusterienne au possible, mais avec un petit côté noir, Dexter. Le problème avec les séries, c'est leur schéma scénaristique. Une petite intrigue par épisode, mais le tout saupoudré savamment d'intrigues parallèles qui durent quelques épisodes et d'un grand mystère qui dure le temps d'une saison. Du coup, on se laisse prendre, et c'est foutu. Tout ça pour dire que je me suis avalé deux saisons de ce médecin légiste / serial killer, et que ce soir là j'ai regardé les 4 derniers épisodes de la deuxième saison, soit environ 4 heures!
Il était donc 2 heures du matin, je venais de m'avaler de grosses doses de merde en images, tout en me curant les ongles ou en dessinant sur un bout de PQ, le regard attentif, quoi. Mais comme je suis un drogué de l'écran, cela ne m'a pas suffi. Je repensai à ce film de Gaspar Noé qu'un ami m'avait offert et que je n'avais pas encore vu. Une amie m'avait en effet affirmé que c'est un film du soir, c'était donc la bonne occasion, malgré mon train à 6 heures! Je me cale donc devant ce film, et là... C'est de la violence verbale, de la misère humaine, du voyage au bout de la nuit! J'adore! Depuis Céline illustré par Tardi, j'ai un faible pour la noirceur. Quand on ouvre le DVD, on tombe sur un pamphlet, que je ne retrouve pas sur internet. Je ne résiste pas à l'envie de le recopier ici :
"On naît seul, on vit seul, on meurt seul. Seul, toujours seul. Et même quand on baise on est seul. Seul avec sa chair, seul avec sa vie, qui est comme un tunnel qu'il est impossible de partager. Et plus on est vieux, plus on est seul, face à quelques souvenirs d'une vie qui se détruit au fur et à mesure. Une vie, c'est comme un tunnel. Et à chacun son petit tunnel. Mais au bout du tunnel, il n'y a même pas de lumière. Il n'y a plus rien. Même la mémoire se décompose avant la fin. Les vieux le savent bien. Une petite vie, des petites économies, une petite retraite, et puis une petite tombe. Et tout ça, ça ne sert à rien. Strictement à rien. Même les enfants, ça ne sert à rien. Dès que leurs parents n'ont plus rien à leur donner, ils les foutent dans des hospices pour qu'ils crèvent seuls, et en silence. Même les enfants n'en ont rien à battre. L'amour filial, ça n'existe pas. C'est un mythe. Ta mère, tu l'aimes juste quand elle te donne du lait. Et ton père, quand il te prête du fric. Mais quand les seins de ta mère se sont desséchés, et qu'il n'y a plus de lait à en tirer, ou quand les poches de ton père se sont vidées de leur fric, alors il n'y a plus qu'à les mettre dans un placard lointain, en espérant qu'ils meurent d'une maladie rapide et pas trop coûteuse. C'est comme ça, c'est la loi de la vie. Ce n'est que lorsqu'il y a un héritage à toucher que les enfants font semblant d'être gentils. Mais quand tout l'héritage c'est un frigo ou une télé, ce n'est plus la peine de faire semblant. Ou alors vraiment le minimum, juste de quoi se donner bonne conscience. Un coup de fil par mois, et quelques larmes au moment de leur enterrement, et on est quitte avec son devoir. L'amour, l'amitié, tout ça, c'est du pipeau. Ce sont des illusions, des illusions de jeunesse qu'on entretient pour cacher que tous les rapports humains ne sont que du petit commerce. Parler d'amitié et d'amour ça nous arrange, mais par calcul. La réalité, elle est beaucoup plus vénale. Ta mère, tu l'aimes parce qu'elle te nourrit, et t'empêche de mourir. Ton ami, tu l'aimes parce qu'il te trouve un travail qui te donne à manger, et t'empêche de mourir. Et ta grosse, tu l'aimes parce qu'elle te fait la cuisine, te vide les couilles, et te fait des enfants qui devront te protéger quand tu seras trop vieux, et que t'auras peur de mourir. Mais il suffit d'avoir giflé une seule fois son môme pour qu'il se venge quand tu seras vieux. En fait, cette gifle, ça l'arrange énormément. Et lorsqu'il te foutra à l'hospice, elle lui servira de prétexte pour masquer le désintérêt naturel que n'importe qui éprouve à l'égard de ses géniteurs. Non, baiser n'est pas un bon calcul. Ca coûte même très cher. Mais ça fait passer le temps. Et quand le désir de baiser est parti, on se rend compte qu'on a plus rien à faire dans ce monde. Et qu'il n'y a jamais rien eu d'autre dans cette putain de vie. Rien qu'un programme de repoduction inscrit au fond de nos tripes, et qu'on se croit obligés de respecter. Naître malgré soi, bouffer, agiter sa queue, faire naître, et mourir. La vie est un grand vide. Elle l'a toujours été, et elle le sera toujours. Un grand vide, qui pourrait parfaitement se dérouler sans moi. Mais moi, je n'ai plus envie de jouer ce jeu. Non, je ne veux plus. Je veux vivre quelque chose de personnel, d'intense. Je ne veux plus être le dernier boulon interchangeable d'une énorme machine. Le jour de ma mort, je ne veux pas avoir l'impression d'avoir vécu les mêmes conneries que tous les millions de crétins qui s'entassent sur cette planète. En somme, ce que j'ai vécu, le dernier des trous du cul l'a vécu lui aussi. Il faut que je me trouve une raison, un prétexte, au hasard, n'importe quoi pour avoir envie de tenir encore vingt ans jusqu'à ma mort. Tiens, si je pouvais recommencer une existence, je devrais faire des films pornos. Là, au moins, c'est clair. Les gens qui font ça, ils ont tout compris au sens de notre espèce. Soit t'es né avec une bite, et tu n'es utile que si tu te comportes comme une bonne bite bien dure qui bourre des trous. Soit t'es né avec un trou, et tu ne seras utile que si tu te fais bien bourrer. Mais dans les deux cas, t'es tout teul. Oui, moi je suis une bite. C'est ça. Je suis une misérable bite. Et pour me faire respecter, il faudra que je reste toujours bien dur".
Qu'est ce qui peut me pousser à aimer Seul contre tous, ou Voyage au bout de la nuit, ou du Bukowski, du Conrad? Le voyeurisme face à la noirceur de l'âme humaine, la misère de l'existence? Je crois plutôt que cette noirceur existe en moi, même masquée, même tempérée, car ma vision de la vie ne peut être aussi noire. L'affaire homme, c'est une sale affaire comme dirait Gary. Mais ce que j'aime de ces voyages c'est qu'ils sont personnels, et qu'ils ont l'effet inverse sur moi. Une envie de bouffer la vie avant qu'elle ne me bouffe ( Les démons de Jésus ). Je montai donc à Paris avec l'envie de rire et de m'amuser, de me réveiller le jour de la Saint Valentin aux bras d'une jolie fille. Et c'est exactement ce que j'ai fait.
mardi, février 17, 2009
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1 commentaires:
Content que le film t'ai plu !!
Résultat ceci dit, moi je n'ai toujours pas vu la fin... même si avec la grosse gaffe de clément (il me semble, désolé si tu prends pour quelqu'un d'autre :p), j'en ai une bonne idée.
Au fait, ton blog est référencé maintenant (ouais j'ai mis le temps et alors ? :)
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